CHANGEMENT D’ADRESSE
Comme visiblement je n’ai plus de place pour m’exprimer ici (capacité max atteinte), je vous donne rendez-vous ailleurs :
à tout de suite !
Comme visiblement je n’ai plus de place pour m’exprimer ici (capacité max atteinte), je vous donne rendez-vous ailleurs :
à tout de suite !
Salut à tous
Je reviens après quelques jours d’absence : il faut dire que nous avons eu la visite de Philippe et de Seb, les deux premiers métros à oser monter dans l’avion direction chez nous à la Réunion. 500 maudits euros pour un aller-retour de 8 jours qu’ils n’ont a priori pas regretté (arrêtez moi si je me trompe…). J’avais pris quelques jours et on a pu se laisser aller à quelques soirées de dégustation de rhum arrangé, quelques activités de plein air bien de chez nous et autres douceurs locales…. le tout avec l’ami Fredo, journaliste bien ancré à l’ouest de l’île…
Alors histoire de susciter quelques vocations touristico-amicales (on ne sait jamais), je vous mets quelques tofos en guise d’amuse-bouches (sans l’accord desdits touristes, cela va sans dire).
Pinacoladas au Coco Beach au bord du lagon.
Cascades du cirque de Salazie…
Sur les Huats de Saint-Denis…
Une ptite news pour vous dire que j’ai eu Maud (www.maudfontenoy.com) ce matin au téléphone satellite (allo la mer ?). Elle arrivera jeudi matin si tout va bien, et bouclera ainsi son tour du monde à la voile à contre-courant, en solitaire, sans escale et sans assistance, après 150 jours en mer, soit 5 mois. Un exploit dont vous avez surement entendu parler (PPDA est son parrain, alors bon…).
Vagues de 12 mètres de haut, vents à plus de 100 km/h, trois caps dont le Horn, un démâtage… Les conditions météo ne l’ont pas épargnée, encore maintenant puisqu’une dépression se creuse au nord des Mascareignes (Mascareignes = Réunion + Maurice + Rodrigue). C’est un véritable exploit qu’elle réalise là. Elle sera la deuxième femme de l’histoire à réaliser cette perf. Une perf dont elle se moque avec une sincérité désarmante, son objectif n’étant pas de concourir, de battre un record ou d’épater la galerie… mais de gagner contre elle même, de se recentrer sur l’essentiel, de montrer aux enfants qui la suivent que la volonté peut tout, et de faire corps avec cette mer qui la malmène, d’accepter la nature (donc le monde) sans être pressée ou vouloir tout contrôler.
A l’heure où Chichi nous fait croire qu’il a tout donné pendant 12 ans pour nous servir un à un, Maud nous donne bien plus par son parcours exceptionnellement humain, extraordinairement courageux, tellement gratuit (quoi l’Oréal ? oui ben faut bien des tunes pour naviguer…).
En réconciliant les superlatifs avec la simplicité, Maud nous livre une leçon de vie incroyablement pure. On dira ce qu’on voudra, la jeune femme mérite bien l’hommage que des milliers de Réunionnais vont lui rendre jeudi matin lors de son arrivée… à bon Port (Le Port est une commune du nord ouest).
Clap, clap, clap, clap, clap, clap, clap !!!
PS : Maud n’est pas réunionnaise mais a choisi la Réunion comme point de départ et donc d’arrivée de son tour du monde. Et forcément, elle en est tombée amoureuse…
itw à lire sur http://www.clicanoo.com/article.php3?id_article=151121
News de l’île.
Gamede est parti et tout va pour le mieux, des solutions ont été trouvées dans le sud (les voitures roulent sur l’autre pont non détruit juste à côté), la route du littoral est rouverte, le nettoyage est quasi-bouclé, et l’économie est repartie.
La navigatrice Maud Fontenoy doit accoster mardi à la Réunion après cinq mois de tour du monde à contre-courant. Après un démâtage il y a trois semaines qui a failli mettre fin à son périple, elle avait réussi à remonter un mât de fortune. L’île s’apprête à accueillir un véritable exploit humain et sportif, après des passages très difficiles au cap Horn notamment. Je dois l’interviewer lundi, veille de son arrivée, et mardi je devrais monter à bord d’un navire militaire (la Boudeuse, ça vous dit quelque chose ?) pour aller à sa rencontre en mer.
Le chik, c’est fini au fait. Enfin , y a toujours 2 ou 3 cas par semaine.
La Réunion a désormais son Parc National, le neuvième de France. Un outil et des moyens salutaires pour préserver et valoriser l’exceptionnelle biodiversité de l’île et ses paysages grandioses. Certaines communes sont opposées au projet car elles craignent, en tout cas sur leur territoire, que le Parc soit un carcan qui ligote leur développement économique. Prochain défi des défenseurs de l’île : l’inscription des cirques et du volcan au patrimoine mondial de l’Unesco. Cela prendra un peu de temps mais je ne vois pas comment cela pourrait être refusé.
La Réunion a aussi sa Réserve nationale marine, créée il y a peu, fruit de 10 ans de travail. Un peu à l’instar du Parc National, elle préservera, non pas les Hauts de l’île, mais les trésors de son récif corallien. Salutaire là encore, d’autant plus à l’heure de l’urgence du réchauffement climatique.
Bayrou devrait débarquer début avril, quatrième larron à venir après Ségo en décembre, et Sarko et Voynet en février. L’homme qui monte, qui monte… Mais ici, c’est Sego à fond les ballons. Faut dire que la plupart des Réunionnais ou bien ne roulent pas sur l’or à fructifier et veulent simplement travailler avant de travailler plus, ou bien sont fonctionnaires et voudraient le rester. Et puis Paul Vergès aidant (président de Région, PC réunionnais), l’île est à gauche toute.
A propos, je trouve que le vieux Vergès est plutôt bon, au-delà d’un népotisme archaïque, de l’art de la récup’ et de quelques paniers de crabes de ci de là. La Région a fait du développement durable son cheval de bataille, ce qui place la Réunion en pointe en matière d’énergies renouvelables et de projets viables, comme celui du tram-train (1 milliard d’euros pour relier en tram saint-paul dans l’ouest à sainte-marie au nord en passant par saint-denis). C’est un beau projet, certes extrêmement cher, mais porteur d’emplois et structurant, en plus de faire entrer la Réunion dans une modernité écologique.
—————————————————-
Ca y est c’est fait, le vilain météore est parti au loin, au sud ouest de l’île. C’est l’heure des bilans et de l’organisation pour un retour à la normale. Deux morts, trois blessés graves hors de danger et 80 blessés légers. Encore 12000 foyers sans électricité, 12000 sans téléphone, 8500 sans télé… et surtout 75000 sans eau, surtout dans le sud ! La flotte est un vrai problème, le cyclone a révélé la grande vétusté d’un réseau vieux de 30 ans, dont la rénovation par les intercommunalités ne parvient pas à suivre le rythme de l’explosion démographique. 60 sapeurs spécialisés déboulent cette nuit de métropole et installeront des usines d’eau pour pallier aux zones en manque.
Autre point noir : les routes. Le pont du sud « out » mettra deux ans à être reconstruit, l’Etat paiera les 30 millions. L’autre pont va être étudié demain et pourra sans doute servir de solution provisoire. La route du littoral devrait rouvrir dimanche, mais il faut savoir que l’éboulis mortel de mars dernier s’était produit quelques semaines après une forte tempête. Gare gare… Pour l’heure, de longs convois de camions sont organisés entre le nord et l’ouest, et entre le sud et l’ouest. Toutes les autres routes reprennent du service même si elles ont morflé. Un pont aérien a été mis en place entre le nord et le sud.
Le grenier agricole de l’île, le sud, a été laminé par les pluies torrentielles. L’économie a pâti de la paralysie dû au cyclone et aux 2 coupures majeures du réseau routier (ouest-nord et ouest-sud). L’état de catastrophe naturelle sera prononcé et l’Etat devrait lâcher du pognon, car l’évènement a été largement relayé par les médias nationaux, fait rare.
Le nord, où nous vivons, a plutôt été épargné. Dès aujourd’hui, il faisait une belle chaleur ensoleillée. Bien sûr, la houle hallucinante a charrié une grande masse de galets et déchets divers sur la promenade du front de mer, crado et pestilentiel à souhait. D’innombrables tas de branches arrachées jonchent le bord des rues. L’ouest et l’est n’ont pas non plus souffert outre mesure.
Grand nettoyage, organisation et moyens spéciaux pour gérer l’urgence, aides de l’Etat : la Réunion devrait faire face. Et si le sud a beaucoup souffert, les anciens ici assurent que les effets de Gamede sont sans commune mesure avec ceux du violent cyclone Firinga qui a dévasté l’île en 1994.
Bisous à tous
Ce qui était redouté est arrivé : après s’être écarté au nord ouest de l’île, Gamede a brusquement changé de trajectoire, direction plein sud, ce qui le rapproche des côtes ouest de la Réunion. Dès ce matin 7 heures, l’alerte orange a été déclenchée suivie de l’alerte rouge ce soir à 18 heures. Son diamètre de 1000 km a fait s’abattre de nouvelles pluies diluviennes sur l’île durant toute la journée. En comparaison, il a plu à la Réunion 1734 mm ces 4 derniers jours, soit le total des pluies d’une année dans un département métropolitain….
Les inondations de routes ne se comptent plus, ravines et rivières charrient leurs eaux boueuses dans un débit impressionnant. En voulant traverser un radier submergé, une automobiliste imprudente s’est fait emporter par les flots, les espoirs sont minces de la retrouver vivante et voilà qui enclenche le compteur des victimes de Gamede. Le bilan humain aurait pu être plus lourd si un Dionysien héroïque n’avait pas sauvé là encore un imprudent qui avait entrepris de traverser un radier à pied.
Pour le reste, outre des routes défoncées et des arbres arrachés un peu partout, les dégâts matériels ne se semblent pas s’être alourdis outre mesure. Quelques familles vivant près d’une rivière ont été évacuées dans le secteur de Saint-Denis et quelques maisons seraient inondées du côté du sud qui, avec l’ouest, sont les deux parties de l’île qui risquent de morfler encore pas mal. Néanmoins l’alerte rouge pourrait être levée dès demain matin, sauf si…
Notre ministre ultra marin François Baroin est arrivé ce matin sur l’île, juste à temps pour déclencher cette seconde alerte rouge. Il parait que le pauvre bougre, qui aurait peur de l’avion à cause d’un trauma personnel (un comble pour un ministre des DOM), voulait repartir aussitôt après avoir posé les pieds à l’aéroport. Le jeune premier croyait arriver en père Noël signeur de chèque d’indemnisation et repartir dès ce soir : manque de pot, il est coincé comme tout le monde et repartira quand le temps le permettra.
Bien sûr les perturbations sont nombreuses et gérés dans l’urgence : un Ouest coupé du Nord (route du littoral fermée) et un Sud coupé en deux par l’effondrement du pont, ce qui pose des problèmes indéniables à la fois aux citoyens mais aussi aux ravitaillements et services en tous genres (hôpitaux, essence, collectes des déchets…) ; EDF, le service des eaux et les télécoms qui travaillent d’arrache pieds au rétablissement des réseaux (ils sont plutôt efficaces), pas d’école, annulations de manifs en tout genre, une vie économique au ralenti…
Voilà donc, une météo spectaculaire, mais une Réunion qui tient le choc au cours de ces jours très perturbés. Mais pour l’heure, je le répète, outre une certaine panique légitime, un paysage un peu désolé et une nature impressionnante (la houle est en furie), une disparue et quelques dégâts matériels, ce n’est pas à proprement parler la catastrophe. Mais c’est loin d’être le paradis (je pense aux 3500 maraîchers qui ont perdu leurs cultures, mais qui seront indemnisés) et il va falloir un bon lifting pour retrouver un visage propre. Tout cela est galère à vivre pour les plus concernés et coûte cher.
Encore 76 000 foyers sont privés d’eau, 40 000 d’électricité… espérons que l’ouest et le sud ne souffrent pas trop cette nuit… ici au nord, le temps s’est amélioré ce soir.
Quant à nous deux, tout va bien, Bérengère poursuit encore et encore ses écritures de dépêches pour AP, et Sylvain prend l’eau pour glaner quelques photos et tranches de vie cyclonique.
Biz à tous et croisons les doigts pour que ce fourbissime Gamede lâche prise et s’en aille voir ailleurs si j’y suis. Et s’il allait en Franche-Comté ? Ah non…
Le vilain Gamede est passé tout près donc, comme vous avez pu le voir dans vos JT métropolitains qui ne s’intéressent à notre caillou que quand y a du spectacle (ou Sarko, ce qui revient au même), enfin bref. Le bougre a donc effleuré l’île, et c’est pas peu dire, l’oeil nous a regardé à 200 km au bas mot, il nous envoyé des rafales et des pluies diluviennes. 67 blessés, dont deux graves (des blaireaux qui se sont faits happés par la houle ou qui ont bravé l’alerte rouge en bagnole), jusqu’à 100 000 foyers privés d’électricité (près de la moitié), la même chose pour la flotte, 30 000 téléphones out, 15% du réseau SFR et Orange, le réseau routier haché de partout par des radiers submergés et des éboulis. Ca, c’est le bilan officiel. Finalement dans tout ça, le plus grave, c’est le pont de la Rivière Saint-Etienne : 50 000 véhicules/jour, un axe majeur reliant les deux grandes villes du sud. Eh bien ping ! Le tablier s’est effondré comme un château de cartes, impressionnant… alors forcément, quand on sait qu’il va falloir près de deux ans pour le reconstruire, que ça va douiller 20 millions d’euros et que pour l’instant y a aucune alternative pour les automobilistes du sud sinon de faire le tour de l’île pour se rendre d’ »un point A à un point B, Gamede passe pour une véritable catastrophe.
Pour les autres, le bilan n’est pas si désastreux pour l’instant. Oui ça va coûter du pognon (« quelques dizaines de millions d’euros » selon notre cher ministre Baroin, qui évalue ça à la louche depuis son fauteuil parisien… bon il vient demain matin sur l’île), oui c’est pas rose pour certains agriculteurs, oui les Réunionnais n’ont pas passé un week-end particulièrement agréable se lavant parfois à l’eau minérale en bouffant des boîtes et bouquinant à la bougie (pas nous), oui il reste encore 40 000 malchanceux sans courant EDF, oui y a des branches de partout dans les rues qu’il va falloir ramasser, oui les panneaux de signalisation et de pub ont morflé (bien fait pour ces derniers !), oui c’est la galère sur certaines routes qu’il va falloir remettre en état, oui la houle était et reste énorme, oui les rues sont pas mal inondées car il continue de pleuvoir comme vache qui vide son incroyable mais incroyable vessie (il pleut, pleut, pleut, pleut…), oui la vie « normale » est encore un peu perturbée… mais, mais elle devrait reprendre son cours normal dès demain, il n’y a pas de victime, les toits des maisons sont restés en place, tout le monde ou presque a repris le boulot aujourd’hui, les enfants ratent trois jours d’école et alors ?, les sinistrés sont a priori très peu nombreux, les avions ont redécollé ce matin, les ports n’ont pas souffert outre mesure, les dégâts matériels semblent loin d’être gigantesques (quelques bâtiments et des routes défoncées)…. bref il faut garder mesure comme en toute chose, même si le temps a été bien bien bien bien mais alors bien bien pourri, et continue de l’être d’ailleurs, inondant allégrement champs et routes. Et que si nous, nous n’avons pas été privés d’eau et de courant, d’autres l’ont été et certains le resteront jusqu’à demain…
Je dis ça parce que vu du JT de TF1, j’ai presque eu l’impression que Claire Chazal s’inquiétait pour nous, et que donc, par la même occasion, vous aussi. Il faudrait peut-être un cyclone par semaine, histoire que Bébert et Lélé nous écrivent plus souvent (au moins eux se sont inquiétés, n’est-ce pas les frangins ?). Allez je vous taquine, nous allons bien, j’ai passé mon dimanche après-midi à jouer à l’ordi, une fois n’est plus coutume. Bérengère, qui a légalement bravé l’alerte rouge pour concocter le carnard d’aujourd’hui, a envoyé 50 dépêches sur le cyclone à AP, ce qui lui finance déjà en partie notre virée malgache du mois de mai, petit Gamede a du bon voyez-vous, si j’ose dire car le « petit » devenu « intense » cette nuit est stationnaire ce soir, ce qui signifie qu’il pourrait changer de cap et remettre ça au centuple… mais bon, la nature serait bien bien vicieuse…
Gros bisous à vous tous, l’oeil du cyclone vous regarde ! Celui de l’amitié bien sûr ! (c’est pas beau ça ?)
PS : euh, au cas où j’ai un peu trop relativisé le vilain Gamede, ça a quand même bien décoiffé, quand même… et qu’est-ce qu’il pleut… d’ailleurs aujourd’hui, je m’inquiète plutôt sur les conséquences de telles trombes…
PS 2 : allez sur www.clicanoo.tv pour voir de vos yeux vu, ce que ça donne ici……. petits reportages rapides à regarder….
Le centre du cyclone Gamede passera au plus près de nos côtes cette nuit (moins de 200 km selon les dernières prévisions). La zone dépressionnaire fait plus de 1000 km de rayon. Déjà aujourd’hui, des arbres déracinés, des radiers emportés, poteaux couchés, fils électriques branlants, coupures de courant….. et une houle impressionnante, avec des vagues jusqu’à 10 mètres, rafales de 150 km/h sur le littoral, et plus de 200 km/h dans les Hauts.
Dans l’appart, nous sommes plutot protégés, nous avons tout rentrés de la terrasse détrempée, et nous avons encore du courant et de l’eau potable. Pas de panique pour nous donc.
Ceux qui prendront le plus sont ceux qui vivent dans les cases, surtout dans les Hauts… et près des rivières.
A suivre. le cyclone frappera l’île au plus fort durant la nuit. L’alerte rouge devrait être annoncée tout à l’heure, ce qui interdit à tout le monde de sortir.
Pour l’instant Gamede vient pile vers nous, il a ralenti sa trajectoire, reste à savoir s’il partira vers l’ouest ou s’il restera vers nous….
Vues de la houle depuis le Barachois à Saint-Denis cet après-midi.
La Réunion, c’est le « petit point en bas à gauche » de la belle boule blanche, qui lui s’appelle Gamede et n’est pas gentil du tout… Maurice, c’est le petit point à droite de la Réunion…
Le vent s’est levé sur l’île… la dixième dépression de la saison cyclonique devrait passer assez près de notre île demain soir…. très près même…. le tout au stade de cyclone tropical intense, ce qui veut dire rafales de vent de fou et les pluies diluviennes qui vont avec. tout dépendra de la trajectoire finale du petit Gamede quand il arrivera par ici demain dans la journée… mais vu la gueule du machin sur l’image satellite, c’est un sacré beau bébé qui devrait cracher sa colère sur notre petit caillou fragile…. à suivre donc, demain j’irai acheter des bougies et de l’eau minérale, car sitôt l’alerte rouge déclenchée, c’est tous aux abris, interdiction de sortir, tout en priant pour que l’eau et l’électricité soient encore disponibles. oui, sauf que, pauvres journalistes que nous sommes, il va falloir bosser quand même. pour bérengère, c’est sûr, puisqu’elle est encore de perm’ ce week end, c’est à croire qu’elle a choisi sa date. en plus, s’il y a alerte rouge (ou même orange foncée), qui va aller acheter le canard ? bérengère me dit d’ailleurs qu’il n’y aura pas de journal dimanche… mais qu’elle le saura seulement vers 18 heures samedi… les pronostics vont bon train…
La trajectoire de Gamede (en rouge les prévisions)
pour ma part, je suis officiellement « mobilisable » en renfort en cas de catastrophe : ils nous ont loué des 4×4 et la préf’ nous accorde des laissez-passer pour circuler en cas d’alerte rouge ! on croit rêver… tout ça pour s’envoler avec l’appareil photo, se prendre un palmier sur la tronche ou se faire emporter par une ravine en crue (c’est déjà arrivé à un journaliste du JIR, triste mémoire…) … et en plus pour faire des photos fantômes qui passeront toutes floues en noir et blanc et qu’on aurait en mieux après la tempête car elles ne passeront que plus tard vu qu’il y a de fortes chances que le canard ne sorte pas (cf les pronostics)…. bref bref…. la météo s’anime et la tendance du Jir à gonfler les brèves de comptoir genre « t’as vu la tentative de meurtre » ou « t’as vu la pluie et beau temps » retrouve sa raison d’être dans cette ébullition….
Allez, on vous tient au courant (pour ceux qui s’inquiètent ou tout simplement se connectent à temps pour avoir l’info…. euh Bébert, si tu te connectes le 15 mars, c’est pas la peine de m’appeler, le cyclone sera fini)
Dans tous les cas, week end pourri en perspective………….. bouuh… espérons que notre baie vitrée tienne le choc… on va la « scotcher » aprait que ça marche…
On a déjà failli se taper « Favio » la semaine dernière, mais la tempête est passée trop au sud de l’île… on a quand même eu des pluies de malade…. week-end pourri… mais Favio n’a pas abdiqué : devenu cyclone, il est allé secouer la côte sud de Mada avant de dévaster la côte Est de nos voisins mozambicains, qui ont morflé morflé… avant même le cyclone, les fortes pluies avaient entraîné une crue terrible de rivière et 100 000 personnes avaient dû être évacuées… on a peu d’infos mais les dégâts sont considérables… des secours sont partis de la Réunion aujourd’hui là-bas et à Mada… car ces deux pays sont en plus loin d’être les plus riches et les plus équipés de la planète… et les cases ne sont pas toutes du dernier cri… pardonnez l’euphémisme…
En plus, fait plutôt rare, une troisième tempête est née aujourd’hui dans cette zone sud-ouest de l’océan indien : Humba (ils sont baptisés par ordre alphabétique et on connaît leurs noms à l’avance) mais elle est très loin… pour l’instant….
Voilà donc….
Je vous mets en bonus la dépêche concoctée par Bérengère pour AP ce soir vendredi… biz……
Réunion: alerte cyclonique orange samedi matin
[23/02/2007 19:09]
SAINT-DENIS DE LA REUNION (AP) — L’île de La Réunion, dans l’océan Indien, va passer en alerte cyclonique orange samedi matin, en raison du «rapprochement» du cyclone Gamède, a prévenu la préfecture vendredi en début de soirée. Toutes les écoles seront fermées.
Déjà balayée par les vents depuis deux jours, l’île passe en alerte orange samedi à 8h (5h à Paris) par décision du préfet compte tenu du rapprochement du cyclone Gamède, qui se trouvait vendredi soir à 650km au nord-est de La Réunion et se déplaçait vers l’ouest sud-ouest à 24km/h, selon le communiqué de la préfecture.
L’alerte orange, de niveau 2 sur 3, entraîne la fermeture automatique des établissements scolaires et des crèches de l’île, mais ne provoque pas un arrêt de l’activité économique.
Dans son communiqué, la préfecture a appelé la population à la prudence: «il est demandé à tous d’éviter désormais les déplacements inutiles ainsi que de se tenir éloigné des radiers, des cours d’eau et du littoral», a-t-elle précisé.
Vendredi soir, la route du littoral était coupée, en raison des vagues venant s’écraser sur les voies de circulation.
D’après la préfecture, «Gamède passera au plus près de La Réunion dans la nuit de samedi à dimanche à environ 250km des côtes. Il devrait alors être classé en cyclone tropical intense».
Un renforcement des vents était prévu dans la nuit de vendredi à samedi avec des rafales de vent à 100km/h sur le littoral et de 120 à 140km/h dans les hauts de l’île. «C’est le plus gros système depuis le début de la saison», a confirmé vendredi après-midi Philippe Caroff, responsable du Centre des cyclones tropicaux de La Réunion.
Après les vents de plus en plus forts annoncés par Météo France, la pluie devrait prendre le relais. «Depuis deux jours, le phénomène s’organise, gagne en intensité et conserve un potentiel d’intensification», a souligné Philippe Caroff. La Réunion pourrait donc passer en alerte rouge dans la journée de samedi. Ce passage doit être annoncé avec un préavis de trois heures. AP
nau/cre/cr
« Nau », c’est pour Bérengère Nauleau… « cre et « cr » , c’est les correcteurs… qui n’ont rien corrigé vu que la dépêche était déjà nickel, n’est-ce pas ?
Grand Ilet (cirque de Salazie), depuis le sommet de la Roche Ecrite.
Après le séjour à Mafate, les deux derniers week-ends ont été réservés à deux randos jusqu’à deux sommets surplombant les cirques : le Grand-Bénare (2900 m) et la Roche-Ecrite (2250 m). L’occasion une nouvelle fois d’admirer la beauté des points de vue sur ces immenses dépressions de verdure, l’océan nous clignant de l’oeil au loin. D’apprécier aussi la richesse naturelle des sentiers empruntés, et de savourer un cari poulet et un petit rhum à 1800 m, avec la fraîcheur inespérée d’une nuit en gîte (sauf Bérengère qui a travaillé ce week-end, dur dur).
BOULOT
Cela mis à part, le boulot rythme le quotidien, la fatigue prend souvent le dessus en ce moment, et c’est encore plus dur lorsque Bérengère est de permanence le week-end (c’est à dire une fois sur trois, contre une fois sur dix pour moi…). Et le reste de la semaine, Bérengère rentre assez tard (vers 22h-23h). Sa demande d’être transférée à la rédaction (je vous rappelle qu’elle bosse actuellement comme « SR », c’est à dire à la correction et la mise en page) n’a pas vraiment été entendue par le sous-boss : le service des SR connaît une grosse période d’instabilité en ce moment, avec un turn-over important car le travail est mal organisé et, avouons-le, peu intéressant. Nous verrons au fil des mois si la situation évolue. Si ce n’est pas le cas, nous envisagerons certainement une solution radicale car Bérengère ne veut pas continuer ainsi plus d’un an, ce qui est très très compréhensible. C’est dommage que les boss soient aussi peu à l’écoute des envies des salariés, d’autant plus quand il s’agit de salariés qui voudraient rester un certain temps sur l’île. A côté de ça, Bérengère a récupéré les piges AP (Associated Press, l’AFP américain) d’un ex-collègue reparti en métropole. Ellle couvrira donc les grands évènements de l’île (visites ministérielles, grands faits divers, etc.) sous forme de dépêches, lesquelles sont susceptibles ensuite d’être reprises par les médias du monde entier, en particulier de France bien sûr. Cela lui permettra d’écrire à nouveau un peu, d’autant que les sujets qu’elle traitera sont potentiellement les plus intéressants.
L’ABBE PIERRE, LE LOTO ET LE CLEM’
Pour ma part, les sujets se suivent et se ressemblent ou pas, entre la mort de l’abbé Pierre (reportages à Emmaüs et interviews de personnes qui le connaissaient ici) et l’interdiction des jeux de loterie et de grattage aux mineurs, replacée dans le contexte de bataille pour la sauvegarde du monopole d’Etat. A noter : la Réunion est l’un des départements les plus dépensiers en la matière. L’explication vient du fait que l’île compte pas moins de 70 000 RMIstes (un Réunionnais sur dix), beaucoup de smicards, beaucoup de gens qui vivent des allocs, bref beaucoup d’exclus qui, ce n’est un secret pour personne, sont les plus à même de payer grassement cet « impôt des pauvres », entendez par là de jouer au loto. Quitte à dépenser une énorme partie de leur bien maigre pécule là dedans. Vous me direz, les Français en général et les occidentaux ne sont pas en reste, loin de là. J’y vois le résultat, pour reprendre Umberto Eco, d’une « carnavalisation » de la société, elle même de plus en plus consumériste et capitaliste. Tout doit être ludique, quitte à brasser du vent, à commencer par la politique, sa mise en scène et sa pipolisation consternantes, sans compter ses petites phrases surmédiatisées qui engloutissent le débat d’idées (s’il en reste).
A ce sujet, le débat, latent depuis des années en France mais exacerbé par Sarko, sur l’assistanat comme plaie de la nation, prend ici une certaine ampleur (pas nouvelle d’ailleurs). Le passage de la Réunion au statut de département en 1946 n’a pas eu comme seul effet de moderniser les infrastructures et l’économie de l’île. En parallèle d’un développement exponentiel des marchés (grande distribution, automobile, consommation en général), squattés encore aujourd’hui par quelques familles de Gros Blancs (héritiers des domaines sucriers et des colons blancs), la Réunion a été arrosée de subventions énormes et du système français d’allocations. Sans adhérer au discours de Sarko (pouah, cela va sans dire), les effets pervers de cette perfusion sont réels ici. Une filière canne à sucre totalement perfusée par l’Europe, à l’avenir bien assombri par les perspectives du marché du sucre (effondrement des prix, concurrence d’autres pays et de la betterave). Quand on voit les problèmes de foncier que connaît la Réunion, et la place qu’occupe la canne sur les zones cultivables… D’ici 15 ans, l’île sera passée de 780000 à 1 million d’habitants.
Plus largement, assistanat ou pas, la société réunionnaise (35% de chômeurs, et X% de salaires misérables face à une vie chère) est un peu « molle », et la concentration des richesses dans les mains de quelques familles n’arrange pas les choses.
A part cela, je travaille actuellement sur le projet d’une association de couler le Clémenceau (vous savez le porte-avions qu’on a ballotté jusqu’en Inde pour rien… enfin pour quelques millions) dans la baie de Saint-Paul dans l’ouest de l’île pour en faire un fabuleux récif artificiel… il faut convaincre l’Etat et c’est pas gagné, mais le projet est intéressant (pour ceux que ça intéresse, le dossier paraitra mardi, à lire sur www.clicanoo.com)
SARKO, C’EST PAS CHIK
Voilà donc quelques news. Après Ségolène et Bayrou, on attend la visite de Sarko dans le courant du mois, show devant… Le chik est toujours au plus bas avec 6 cas la semaine dernière (des dizaines de milliers à la même époque l’an passé). On tient le bon bout, transmettez le message car l’effet médiatique du chik a été catastrophique ici. Cela a ralenti toute l’économie, au point que l’on appelle ça la « crise du chik », et le redémarrage est à la peine. Encore aujourd’hui, les professionnels du tourisme affichent des réservations zéro et une baisse de chiffre d’affaires de 50% sur l’année 2006. Et pourtant, c’est le paradis de la plongée, du canyoning, de la rando, du surf, du parapente, du VTT, du vol libre… sans parler du rafting et du cheval. La Réunion vous attend, transmettez le message !
RANDO AU GRAND BENARE
Départ du piton Maïdo à 2200 m d’altitude, avec un point de vue à pic sur le cirque de Mafate 1000 mètres plus bat. Une vue que nous allons conserver jusqu’au sommet du Grand Bénare à 2900 m, puisque le sentier longe la crête des remparts du cirque. Le Grand Bénare fait face au Piton des Neiges (volcan originel de l’île, éteint depuis, point culminant de l’île à 3070m situé au milieu de l’île et des trois cirques qui forment un trèfle autour de lui). Balade sympa avec deux couples d’amis, le fidèle Bruno (un collègue) et Bénédicte, Maxence et Aude (ex-collègues repartis depuis en métropole). Sentier un peu monotone mais quels points de vue !
Vue sur Mafate, avec l’îlet de la Nouvelle au milieu (là nous avons dormi il y a 15 jours)
Bruno, pote et collègue du JIR… d’ailleurs le seul de la rédac’ avec qui le courant passe véritablement (les autres sont gratinés, souvent très très imbus, ce qui a le don de me faire m’éloigner)
Vue sur le cirque de Mafate, le long du sentier.
Vue sur le cirque de Cilaos depuis le sommet du Grand Bénare.
Végétation d’altitude, fougères et bruyères arborecentes (le branle vert essentiellement), le tout sur un chemin caillouteux qui casse les genoux.
RANDO A LA ROCHE ECRITE
Le Piton des Neiges derrière, le cirque de Salazie en bas.
Une des rares balades (encore que) à faire au départ de Saint-Denis. Trois quarts d’heure de bagnole pour grimper plein sud dans les Hauts. Départ à pied à 1100 mètres d’altitude, puis montée jusqu’à la Roche Ecrite (2250 m), sommet qui surplombe le cirque de Salazie, avec le volcan au loin loin, le Piton des Neiges en face, Mafate à droite, et l’océan derrière à l’horizon. Au-delà des sublimes points de vue là encore, la balade vaut par son sentier : une végétation beaucoup plus luxuriante qu’à Mafate (le Nord et l’Est de l’île sont beaucoup plus humides). Des fougères en pagaille, et principalement des tamarins des Hauts (arbres endémiques aux formes tourmentées et improbables, habillés de lichen jaune, qui font des tunnels et des entortillements façon forêt de Brocéliande), des bambous calumets (espèce de bambou endémique de la Réunion, magnifique, j’en suis fan), et des fougères arborescentes (endémiques aussi, elles forment des arbres ressemblant à des palmiers)… le tout dans de superbes tons verts. Ambiance féérique. Rafraîchissant et envoûtant.
Une balade enchanteresse, entre bambous calumets et tamarins des Hauts.
Nuit bien méritée au gîte, précédée d’une pause Dodo (la bière, pas le sommeil). Bruno et Damien apprécient.
Cela valait le coup de chausser les pompes à 7 h du mat’. Ciel dégagé et vue imprenable sur le cirque de Salazie.
Sur les hauteurs (après 1900 m) : petite végétation d’altitude (à cause des pluies fortes et fréquentes, les sols soumis au lessivage sont pauvres et caillouteux, ce qui donne des bruyères arborescentes comme le branle vert, espèce endémique). En redescendant, cette végétation laisse place à une ambiance Merlin l’enchanteur.
Ci-dessus, un tamarin des Hauts dans un passage de brume.
Passage au milieu des bambous calumets.
A plus les potos ! La Réunion vous attend !